Discours d'ouverture prononcé par Son Excellence Jean-Michel SAMA LUKONDE KYENGE, président de l'UPA, à l'occasion de la 85e session du Comité exécutif, à Dakar
Excellence Malick NDIAYE, cher frère et représentant ici de l’Excellence Ousmane Sonko, Président de l’Assemblée Nationale de la République du Sénégal,
Honorable Manuel Rodrigo, Invité spécial représentant de la République du Mozambique,
Honorables Chefs de délégation,
Honorables membres du Comité Exécutif,
Honorables parlementaires,
Monsieur le Secrétaire Général de l’UPA,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
C’est pour moi un grand honneur de prendre la parole à l’ouverture de cette 85ᵉ Session du Comité Exécutif de l’Union Parlementaire Africaine, ici à Dakar, terre historique de dialogue et de panafricanisme.
Permettez-moi, avant toute chose, d’adresser, au nom du Comité Exécutif et en mon nom personnel, nos très sincères remerciements à Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye, Président de la République du Sénégal, dont l’engagement constant a rendu possible la tenue de cette rencontre à Dakar.
Je saisis cette occasion pour lui transmettre les salutations fraternelles de Son Excellence, son frère, Félix-Antoine Tshisekedi TSHILOMBO, Président de la République Démocratique du Congo.
Je tiens également, ici, à travers vous, Excellence Malick Ndiaye, à transmettre mes vives félicitations à Son Excellence Ousmane Soncko pour son élection à la présidence de l’Assemblée nationale du Sénégal. Nous sommes convaincus que son mandat contribuera au renforcement de la diplomatie parlementaire africaine et à la promotion des idéaux de paix et de démocratie.
Enfin, je rends hommage, ici, encore une fois, à vous l’Honorable El Malick Ndiaye, Président sortant de l’Assemblée nationale du Sénégal, pour votre vision et votre sens élevé de l’État. Enfin, j’adresse mes vives salutations à la délégation du Mozambique, invitée spéciale à cette session.
Mesdames, Messieurs,
Le Sénégal, par sa tradition démocratique et son attachement constant aux idéaux de paix et de coopération, demeure une référence dans la construction de l’unité africaine. En accueillant cette 85ᵉ Session de l’Union Parlementaire Africaine, il réaffirme son rôle de partenaire essentiel dans le dialogue interparlementaire et la consolidation de nos valeurs communes.
Mesdames et Messieurs, Chers Parlementaires,
Notre session se tient dans un contexte international marqué par une accumulation de crises multiformes : sécuritaires, politiques, économiques, climatiques et même sanitaires.
Jamais peut-être, depuis plusieurs décennies, l’humanité n’a été confrontée simultanément à autant de facteurs d’incertitude et d’instabilité, particulièrement au Moyen-Orient, au Soudan, dans la région du Sahel et dans la région des Grands Lacs.
Parlant des Grands Lacs particulièrement, depuis plusieurs décennies, le peuple congolais paie un lourd tribut aux conflits armés, aux violences transfrontalières, ainsi qu’à l’exploitation illicite de ses ressources naturelles.
Cette tragédie humaine a engendré l’une des crises humanitaires les plus graves de notre époque, caractérisée par des millions de déplacés, des millions de vies perdues et de graves violations des droits humains. Au-delà des souffrances infligées à notre population, cette crise constitue une menace réelle pour la stabilité de l’ensemble de cette région.
Face à ces défis, la République Démocratique du Congo demeure attachée aux principes du droit international notamment : le respect de la souveraineté des États, le respect de l’intégrité territoriale, le principe de non-ingérence et le règlement pacifique de nos différends.
Honorables parlementaires,
La recrudescence des violences à l’encontre de migrants, observée dans plusieurs pays africains, constitue également un sujet de grave préoccupation qui peut fragiliser l’unité africaine, le développement économique et la stabilité des États.
Notre responsabilité collective est immense. L’Afrique ne peut rester spectatrice des drames qui affectent ses états. Nos institutions doivent être des acteurs de la paix, du dialogue et de la justice, afin de bâtir un avenir fondé sur la solidarité et la stabilité.
Mesdames et Messieurs,
Le recul du multilatéralisme menace l’équilibre mondial. Pour l’Afrique, il demeure une nécessité vitale : nos défis ne peuvent être relevés qu’ensemble, dans la solidarité et le respect du droit international.
Le changement climatique n’est plus une menace future, mais une réalité quotidienne. Nous devons plaider pour une justice climatique véritable, un financement accru de l’adaptation et un transfert effectif des technologies vertes. La République Démocratique du Congo continuera à assumer pleinement sa responsabilité environnementale, dépositaire d’une part essentielle du bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète. Notre pays œuvre activement à la préservation de ce patrimoine vital pour l’humanité.
Les crises sanitaires rappellent enfin l’urgence de bâtir une souveraineté sanitaire africaine. Après les douloureuses leçons de la pandémie de COVID-19, notre continent continue de faire face à des menaces épidémiques récurrentes. La récente résurgence de la maladie à virus Ébola nous rappelle que les systèmes de santé africains restent vulnérables et nécessitent des investissements massifs.
Cette situation met en évidence la nécessité de développer une véritable souveraineté sanitaire africaine fondée sur la recherche scientifique, la formation des personnels de santé et la production locale de médicaments et de vaccins.
Honorables parlementaires,
Notre responsabilité est immense : faire de l’Afrique un acteur du multilatéralisme, un champion de la justice climatique et un continent maître de sa santé. Ensemble, faisons de ces défis des opportunités pour bâtir une Afrique forte, solidaire et respectée.
Mesdames et Messieurs,
Au cours de cette session, il nous sera donné l’occasion de revenir en détail sur les principales actions menées par notre Union au cours de l’intersession. Nous porterons également une attention particulière aux questions financières, indispensables à la bonne marche de notre organisation, et étudierons ensemble les réformes nécessaires à la revitalisation de notre institution. Par ailleurs, nous procéderons à l’examen des candidatures pour le poste de Secrétaire général et préparerons activement la prochaine Conférence de l’Union Parlementaire Africaine.
Honorables parlementaires,
En cette année 2026, nous célébrons le cinquantième anniversaire de l’Union Parlementaire Africaine. Cet événement marquant met en lumière cinquante ans de coopération parlementaire qui ont permis de renforcer le prestige de notre institution.
Au fil de ces décennies, l’UPA, pionnière parmi les organisations parlementaires du continent, s’est distinguée par son engagement à soutenir la représentation populaire et à promouvoir la démocratie, la paix, le dialogue et le développement durable, notamment à travers l’organisation de sessions, des conférences et séminaires.
Cet anniversaire, le cinquantième, symbolise la consolidation d’institutions solides grâce à l’unité, la persévérance, le respect et l’engagement de tous. Puisse ce jubilé être non seulement une célébration de notre parcours, mais aussi un tremplin pour un nouvel élan en faveur de l’avenir de notre organisation.
Mesdames et Messieurs, Chers parlementaires,
Avant de clore mon propos, je tiens à exprimer, au nom de l’ensemble des membres de l’Union, notre profonde gratitude aux autorités sénégalaises, son Parlement, son Gouvernement, ainsi qu’au peuple du Sénégal et toutes les équipes administratives et techniques pour leur accueil chaleureux et leur disponibilité lors de notre séjour à Dakar.
J’exprime le vœu sincère que cette 85ème Session de l’Union Parlementaire Africaine soit couronnée de succès et qu’elle contribue au renforcement de notre solidarité continentale.
Que notre organisation poursuive sa noble mission en portant haut la voix des peuples africains et en œuvrant avec détermination pour une Afrique unie, forte, prospère et reconnue sur la scène internationale.
Sur ces mots, porteurs d’espoir, je déclare officiellement ouverte la 85ème Session du Comité Exécutif de l’Union Parlementaire Africaine.
Je vous remercie de votre aimable attention.




